Chauffage solaire thermique : pourquoi proscrire les tubes PVC HTA ?

Chauffage solaire thermique : pourquoi proscrire les tubes PVC HTA ?

Mon rôle en tant qu’installateur solaire thermique collectif et mainteneur est de garantir l’efficience des installations de chauffage et ECS (distribution et émission). Or, je vois trop d’installation depuis ces dernières années où est utilisé le PVC en réseau secondaire sur le solaire thermique. Et plus particulièrement les Tubes PVC-C “HTA” (haute température). Saviez-vous que certains fabricants refusent tout simplement la mise en service ?

Chauffage solaire thermique : comment fonctionne le circuit d’eau chaude ?

Commencez donc par cette vidéo où vous découvrirez pourquoi le PVC HTA doit être proscrit en chauffage en solaire thermique.

Attention ça pique !

Gonflés à bloc les tubes en PVC !

Le système solaire est conçu pour chauffer de l’eau jusqu’à 60/70 degrés. Pour protéger le système solaire des surchauffes, les fabricants utilisent dans la régulation le mode refroidissement (génial, plus de problème de surchauffe me diriez-vous !)

Comment fonctionne le mode refroidissement en solaire thermique ?

Quand la consigne de la sonde bas ballon S2 est atteinte (60° par exemple) le système s’arrête. Le capteur étant à 70°, il continue de chauffer en présence du soleil pour arriver à une température de 90/100° et c’est là qu’intervient le mode refroidissement.

Le mode refroidissement en résumé

Ici le capteur est à 100°, le ballon est à 60° (consigne atteinte). Ainsi le mode refroidissement s’actionne automatiquement. Cela veut dire que les pompes se réenclenchent pour prendre du 60° dans les ballons afin de refroidir ce glycol à 100°, qui, de ce fait réchauffe le ballon dépassant les 60° (qui peut monter à 90° maximum).

Le mode refroidissement est fréquemment utilisé pour éviter tout problème de surchauffe. Mais hélas je dois le retirer souvent lors des mises en services que je réalise, à cause de la pose du PVC HTA.

Pourquoi retirer les canalisations en PVC HTA sur une installation de chauffage solaire thermique ?

La question se pose-t-elle vraiment ? Avez-vous remarqué dans notre vidéo à quel point le PVC a gonflé ? Il a presque doublé de volume sur les coudes, les T ; la colle s’est même désolidarisée. Bonjour les fissures et fuites en perspective !

Notez : Dans notre vidéo, la température est montée à plus de 90° dans le ballon afin de refroidir le glycol !

Je vous laisse imaginer la suite..

Regardez ici sur d’autres installations solaires comme ces fissures augurent de sombres jours..


Fissure PVC HTA sur retour de boucle installation solaire thermique

Fissure sur réseau secondaire en PVC HTA installation solaire thermique

Remarque : parallèlement au PVC HT,  j’observe aussi beaucoup de multicouche, qui est un plastique qui tient qu’à 80°- 85° maximum.

A présent, comprenez-vous pourquoi lors de mes remises en état d’installations solaires je remplace systématiquement le PVC HTA ou le multicouche par du cuivre, et ce jusqu’au mitigeur 😉 

Pourquoi le cuivre est le meilleur matériau pour les raccordements de chauffe-eau solaire ?

Les domaines d’applications du cuivre sont bien connus. Il sert surtout à l’alimentation en gaz, en eau chaude ou froide, et en chauffage, ainsi que pour les systèmes d’énergie solaires thermiques. Ses avantages sont multiples : il est esthétique et résistant, et cerise sur le gâteau il peut être recyclé.

Notez : En tant que militant pour l’utilisation des énergies renouvelables et décarbonnées, je ne peux qu’être friand du cuivre. Mais attention, il nécessite une pose spécifique, avec soudures. Et ce travail est réservé aux professionnels.

Suivre les préconisations du DTU 65.12 en tant qu’expert.

Le document NF DTU 65.12 P1-2 (décembre 2012) : Travaux de bâtiment – Installations solaires thermiques avec des capteurs vitrés – est la base de travail de tout expert en solaire thermique quand il y a un problème. Il détermine les critères généraux de choix des matériaux pour l’exécution.

Selon les dispositions techniques du DTU, « les matériaux constitutifs des raccords et des joints d’étanchéité doivent répondre aux mêmes exigences de température et pression maximales que les canalisations. Ils doivent être également être compatibles avec le liquide caloporteur. Les raccords hydrauliques ainsi que les liaisons inter-capteurs doivent permettre une libre dilatation des absorbeurs et des collecteurs.

Note : Les matériaux tels que l’acier inoxydable et le cuivre sont couramment utilisés pour les raccords. Les joints d’étanchéité peuvent être notamment de type CNK (base de Kevlar et nitrile), CSC (fibre cellulosique et nitrile) ou PTFE (téflon).»

Tout est plus clair, avec Monsieur Solaire, non ? 👷 🌞